passion des animaux
 
AccueilRechercherMusiqueS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Le chien d'Amédée

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
moumoune
Admin
avatar

Messages : 707
Points : 511565
Date d'inscription : 02/01/2011

MessageSujet: Le chien d'Amédée   Ven 4 Fév - 20:29

Prose, Contes Histoires, Nouvelles >

Le chien d’Amédée

Dans le joli petit village où j'habite, perdu à la campagne, une maison insalubre se dresse près de la voie d'accès. Autrefois, cette masure était brillante comme un sou neuf mais, au fil des ans, elle s'est délabrée par manque d'entretien.

Elle appartient à Florence et Amédée Boston. Il y a huit ans de cela, au décès de Florence, emportée par la maladie, Amédée a tout laissé aller. « Plus de goût à rien » disait-il ; finis, les volets repeints chaque année, les jolies fleurs dans le jardin et le potager parfaitement aligné.

Maintenant tout tombe en ruine et Amédée s'en fout...

La commune a bien essayé de lui racheter son bien et désirait placer le brave homme dans le home de la commune voisine mais, car il y a un mais, et de taille, il y a le chien de Florence, un magnifique berger des Pyrénées qui répond au nom de Tartuffe et qu’ Amédée ne veut en aucun cas laisser. Dans ces conditions, le vieil homme se voit refuser l'accès à la maison de repos qui refuse catégoriquement les compagnons à quatre pattes.

Dans le voisinage direct de la petite maison se trouve la grande bâtisse de la famille Pianreu, une famille bourgeoise ayant fait fortune quand les mines de charbon de la région étaient toujours en activité. Les trois enfants, Damien, Florent et Martial, sont des petits monstres de gosses de riches à qui on passe toutes les misères occasionnée dans la commune parce que papa finance la plupart des travaux dans la petite bourgade.

A chaque fois qu’ Amédée et Tartuffe passent devant les grilles de la propriété des Pianreu, c'est toujours la même chose ; les trois gamins jettent des pierres au vieil homme et à son chien en les arrosant de noms d'oiseaux. Comme à chaque fois le brave molosse ferme la marche pour protéger son maître et est la cible des vauriens. Quand, arrivé dans sa maison, Amédée se laisse choir dans son fauteuil, le brave animal s'assoit près de lui, attendant une caresse. Le gratouillement d'oreille est de loin ce que préfère Tartuffe. Il ne se lasse pas de cette gâterie. Quand la main d'Amédée s'immobilise, l'animal comprend que la fatigue a assoupi son compagnon, alors il se couche à ses pieds, montant la garde jusqu'au réveil.

Plus tard, à la nuit tombante, Amédée prépare le souper. Il regarde un peu la télévision et monte au lit, suivi par Tartuffe. Pendant que son maître fait sa toilette, le berger s'installe sur le tapis au pied du lit. C'est tous les jours le même train-train, mais l'animal s'en soucie peu. Tant qu'il est avec son maître, il ne demande rien de plus.

Une nuit, Amédée fut réveillé en sursaut. Tartuffe, les deux pattes sur l'appui de fenêtre, aboyait tant et plus.

« Qu’y a- t-il, mon bon chien ? Que veux tu me dire ? »

Amédée ouvrit la tenture et, avec effroi, il vit la grande maison des Pianreu en flammes. Le plus rapidement pour un homme de son âge, il enfila son peignoir et descendit l'escalier ; ouvrant la porte, il se mit à courir, suivi par Tartuffe. Arrivé à la grille de la maison des Pianreu, il poussa celle-ci de toutes ses forces. Devant la maison en flammes, il vit Madame et Monsieur Pianreu en pyjama. Ils avaient eu le temps de sortir en catastrophe, espérant que leurs fils en auraient fait autant. Après avoir chercher les enfants dans le parc, ils se rendirent à l'évidence, ils étaient toujours dans leur chambre ; à ce moment, des cris arrivèrent jusqu'à eux.

« Mon Dieu ! - s'écria la maman - Ce sont eux ! Ils sont encore à l'intérieur »

Bondissant sur les marches de l'entrée, le papa entra dans les flammes, mais il dut rebrousser chemin tant le feu prenait de l'ampleur.
Il s'agenouilla devant sa femme, son peignoir tout fumant.

« Ils son perdus, je ne peux pas les sauver. Mon dieu ! Pardonnez-moi ! »

Enfin, la sirène des pompier retentit. L'alerte était donnée, mais le temps qu'ils arrivent, il serait trop tard pour les enfants, cela ne faisait pas l'ombre d'un doute...

Amédée regarda Tartuffe, ils échangèrent un regard sans mot dire. Aussitôt, le brave chien plongea dans les flammes. Un instant plus tard, il réapparut avec Damien, le plus jeune, couché en travers du corps de l’animal. Tartuffe posa délicatement l'enfant et il disparut à nouveau. Le temps qui passa, nul ne pourrait le dire. Le brave chien réapparut enfin, le pelage tout fumant, avec Florent, le plus âgé des enfants. Monsieur et madame Pianreu se pressèrent près de leur fils et Tartuffe rejoignit Amédée, son devoir accompli, lui semblait-il...
Madame Pianreu fondit en larmes.

« Martial, Martial, non pas ça je vous en prie, Seigneur, sauvez mon fils... »

Amédée s'agenouilla devant son chien. Le poil encore fumant lui gratouilla l'oreille. Il lui dit :

« Je sais que je te demande l'impossible, mon brave Tartuffe, je sais aussi que tu risques de ne pas revenir mais, je t'en prie, fais-le pour moi, va chercher le dernier enfant mon bon chien, va ! »

Tous près de la maison en flammes, Tartuffe regarda une dernière fois son maître, puis il regarda les enfants qu'il venait de sauver et s'élança dans les flammes. Cette fois, le temps parut ne pas finir, quand, soudain, contre toute attente, Tartuffe apparut le pelage en flammes, traînant Martial par le col de son pyjama. Monsieur Pianreu courut vers les malheureux, prit son fils dans ses bras, le posa près de ses frères et repartit aussitôt dans la direction du pauvre chien. Il enleva prestement son peignoir de laine, couvrit l'animal et éteignit les flammes qui torturaient le malheureux, Il s'agenouilla et, malgré le poids de la bête, le souleva pour le porter près de son maître. Amédée prit la tête de son chien, couverte de sang, contre lui, les larmes aux yeux.

« Tu as réussi mon brave chien ! Tu as réussi ! Si tu savais comme Florence aurait été fière de toi. »

Damien et Florent, remis de leurs émotions, se pressèrent près de Tartuffe, leurs mains jointes prenant tour à tour de l'eau à la fontaine qui orne l'entrée du parc. Tendrement, la brave bête happait l'eau bienfaisante. Ce manège dura jusqu'à l'arrivée des pompiers qui, enfin arrivés, se mirent aussitôt au travail. Les ambulanciers, arrivés en même temps sur les lieux, s'occupaient de Martial qui, visiblement, était hors de danger.

Monsieur Pianreu courut vers le garage en face de la maison et sortit la voiture. Il arrêta le véhicule devant Amédée qui tenait toujours son compagnon dans ses bras.

« Venez, Amédée, nous allons charger Tartuffe à l'arrière de la voiture, je ne laisserai pas mourir votre brave chien. Vite ! »

Après avoir chargé l'animal, s'installant au volant, il ouvrit la fenêtre et appela son épouse.

« Demande au docteur Mathon de se tenir prêt à la clinique pour animaux, je lui conduis un chien gravement brûlé avec des blessures multiples. Que tout soit mis en œuvre pour quand nous arriverons. Nous lui devons la vie de nos enfants ; sers-toi de la radio des pompiers. »

Il démarra en trombe, laissant dans les graviers la marque de ses pneus.

Si, un jour prochain, vous passez dans mon village, vous verrez à l'entrée de celui-ci une maison propre comme un sou neuf où des gens d'ouvrage font le ménage et le jardin.
Sous le petit toit, devant la maison, vous apercevrez un vieil homme dans un fauteuil. A ses côtés, un chien borgne avec des trous dans le pelage qui se fait gratter les oreilles autant qu'il veut.


Armand Voss
Revenir en haut Aller en bas
 
Le chien d'Amédée
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» "s'entendre comme chien et chat"
» Mon chien leve la patte à l'intérieur devant nous!
» Choisir un chien de troupeau
» agressivité avec les autres chien depuis peu.
» prendre son chien par la peau du cou pour le tourner

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les amis(es) des animaux..... :: Des poèmes, des citations et des proverbes :: Poèmes-
Sauter vers: